Une Chaise réussie !

Publié le par Montpell'

Ce mercredi soir était un soir de première au CDN de Montpellier, le Théâtre des 13 Vents. La pièce qui se joue jusqu'au 6 novembre est écrite par Florian Parra, qui a grandi ici et est allé trouvé le succès ailleurs, mais reviens avec une belle création. Mise en scène par Mélanie Leray, avec  Pierre Maillet, Vincent Voisin, Florian Parra.

 

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A peine on entre dans la salle qu'on est prit dans une ambiance futuriste et un peu déprimante. Deux hommes sont sur scène, placés sur des carrés lumineux, ils suivent les mouvement que leur recommande une voix féminine, cette voix leur apprend à danser, mais pas ensemble... Solitude « blade-runerienne », mélangeant l'absence de sentiments et la musique de cabaret. Froideur prenante, alors que l'installation du public venu nombreux n'est pas terminée.

 

La lumière s'éteint, la vie prend sur scène, ils sont trois comédiens. On comprend qu'ils sont tout les trois Philippe Lopez, le héros annoncé de la pièce. L'un pense, l'autre exprime l'extérieur et le dernier s'exprime lui même.

 

Immédiatement le texte nous entraine dans un humour noir, teinté d'un cynisme poussant le public à rire, à rire de manière à lutter contre la réalité face à laquelle nous met le texte. Philippe Lopez justifie le décalage avec le monde qui l'entoure en affirmant que « le don d'intégration dans la société n'est pas donné à tout le monde ! », puis il juge, il juge très sévèrement ses collègues de travail, eux aussi assis sur une chaise toute la journée à la Galerie Vasarelli, tous dépressifs et vide de vie, puants, hors cadres...

 

Il juge d'autant plus violemment qu'il retourne les horreurs vidées sur ses semblables contre lui même, il se rencontre, se découvre, se voit de l'intérieur, toujours avec un humour très acide.

 

Le décors et la lumière sont époustouflant durant tout le spectacle, entourant une mise en scène claire et rigoureuse, ils laissent place à la vidéo et au mobilier contemporain, très en phase avec ce que l'on pourrait apercevoir dans un musée d'art moderne. Hypnotique.

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Plus la pièce défile, plus le héros s'approche de la fin de son contrat de trois mois. Chaque réflexion qu'il se fait pousse le public à s'accrocher à son siège, à ses idéaux, peut-être à se dire « vivons, vivons tant que nous avons encore le loisir de le faire ».

 

Le texte se durcit lui aussi de scène en scène, laissant de plus en plus de place au cru, au trash, à la sexualité entre hommes débridée, mais aussi à la destruction faites par les proches, jusqu'à la mère qui pousse son fils à la rejeter par ses questions incéssantes.

 

Les phrases choc fusent, « On devrait imposer une bonne sodomie à tous les hommes importants, ça leur passeraient la toute-puissance du pouvoir ! ». Surenchère du hard, pour critiquer la société, peu et doit choquer le public conventionnel.

 

Au dernier tiers du spectacle, le héros apprend sa séropositivité, le jeu de Pierre Maillet est d'une telle justesse dans ce moment, qu'il est impossible de ne pas se sentir mal à l'aise, et c'est la boule au ventre qu'on cherche à nouveau une sortie, une sortie heureusement apportée toujours par le texte, et une fin qui laisse tout de même la part belle à l'espoir.

 

Un régal, moderne évidemment, le public âgé n'ayant pas forcément apprécié la giclée jetée en plein visage par cette pièce, pas un triomphe, mais un enthousiasme des moins âgés. Déconseillée aux plus de 40 ans prudes, amateurs de Molière et de charentaises.

 


La Chaise, de Florian Parra se joue jusqu'au samedi 6 novembre au Théâtre des 13 Vents. Durée : 1h05 - Tarifs : 16/24€. Tél : 04 67 99 25 00 / www.theatre-13vents.com

 

Hadrien Volle

Publié dans Critiques

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