Babet : Piano, Poésie et Amitié

Publié le par Montpell'

En septembre 2010, Babet, montpelliéraine d'origine et chanteuse du groupe Dionysos sortait son nouvel album solo, "Piano Monstre". Après une première apparation à la FNAC quelques jours après la sortie du disque, la chanteuse est revenue ce week-end à la salle Victoire 2. Voici une interview qu'elle nous a donné quelque jours avant le concerts dans laquelle on apprend que ce disque n'est pas si solo que cela y parait !

 

babet-piano-monstre-cover

Tu as rejoins Dionysos pour le second album du groupe en 1997, quel a été le déclic pour te lancer en solo 10 ans plus tard ?

 

Le déclic a été le désir de vouloir faire quelque chose en plus, je voulais enrichir un peu plus ma vie artistique, me rafraichir les oreilles et aller faire des choses un peu différentes du groupe, pour aussi ensuite revenir vers lui avec de nouvelles idées et de nouvelles influences.

 

En comparaison de ton travail avec le groupe, quel univers t'ouvre la musique en solo ?

 

Déjà, c'est moi qui m'exprime ! Et c'est pas la même chose parce que dans Dionysos je ne chante pas de textes que j'ai écris, on est pas sur la même sensibilité, en solo ça me permet vraiment de jouer sur une corde plus féminine, plus mélancolique, plus sensible et plus poétique aussi avec mes mots à moi ! Dans Dionysos on a la poésie aussi mais commune. On laisse beaucoup de choix de côté et on garde le meilleurs, on garde le son qui va bien pour le groupe et du coup on ne peu s'exprimer entièrement que quand on écrit ses chansons soit même. C'est plus entier et le fait de pouvoir pleinement s'exprimer c'est quand même agréable car tout peut être dit, tandis que dans un groupe on peu pas tous se lâcher pleinement parce qu'il faut partager.

 

Il y a un véritable différence musicale entre tes deux disques, « Drôle d'oiseau » (mars 2007) et « Piano Monstre » (septembre 2010), pourquoi une évolution si rapide ?

 

Parce que j'aime pas, lorsque j'achète l'album d'un artiste dont je suis fan, entendre la même chose d'un disque à l'autre. J'aime les musiciens qui se renouvellent, j'aime entendre qu'ils sont allés chercher dans d'autres contrées et montrent une autre sensibilité, de nouvelles influences. C'est ce que j'ai voulu faire, c'est pour ça que cet album je l'ai composé au piano et pas à la guitare pour aller vers ces nouveaux univers en question. Surtout que le piano ça fait longtemps que je n'en avais pas joué donc c'était rigolo parce qu'au fur et à mesure que je réapprenais à jouer, j'avais des chansons complètement différentes qui arrivaient et c'était assez épanouissant finalement... Et du coup c'est des choses que je n'avais pas à la guitare, parce qu'avec les cordes c'est tout de suite plus folk. Attention, j'adore composer à la guitare et j'adore les morceaux folks, je ne suis pas braqué contre ça mais j'avais juste envie de pas refaire la même chose

 

Un mot sur chaque collaborations. Il y a eu d'abord Hugh Coltman ?

 

L'idée est venue car j'avais les disques de Hugh à la maison que j'aimais beaucoup. En regardant les livrets j'ai vu qu'il avait fait plusieurs arrangements et je me suis dis « tiens, il est comme moi il touche à tout ! », j'ai donc voulu le rencontrer, et après deux soirées passées ensemble on s'est dit qu'on allait faire de la musique tout les deux. C'est comme ça qu'on a fait « Les Amouratiques ». Ça s'est passé tellement de façon idéale, c'était tellement chouette que ça m'a donné envie de faire des chansons avec d'autres.

 

Arthur H ?

 

Ça a été une idée de mon label, le patron a dit qu'on faisait pas la même musique mais il pensait qu'au niveau de l'univers et l'imaginaire il y aurait peut être quelque chose à faire. J'ai donc rencontré Arthur ça s'est à nouveau passé de façon idéale et en une journée on a fait la chanson « Ciel de Soie ». J'ai été vraiment convaincue que j'aimais faire des duos que je voulais pas travailler tout le temps toute seule parce que je trouvais qu'à plusieurs ça m'enrichissait et m'apprenait beaucoup.

 


 

Edouard Baer ?

 

Alors pour Edouard Baer l'idée m'est venue quand j'ai lue une interview de lui sur Internet où il parlait de « l'autre comme d'un miroir ». J'ai trouvé l'idée super et je me suis dit c'est marrant cette idée, je voulais l'utiliser dans une chanson, surtout que nous les filles on a un rapport au miroir très particulier et ça valait le coup de faire une chanson sur ça. Donc j'ai écris la chanson, je l'ai composée pour Edouard que je connais depuis longtemps parce qu'on s'était rencontré sur une émission de télévision il y a sept ans. Je l'ai donc appelé en lui expliquant que j'avais écris cette chanson pour lui et lui seul, et que si elle lui plaisait pas je ne la mettrais pas sur le disque parce que si c'était pas lui qui la chantait je voyais pas trop l'intérêt de le faire interpréter par un autre. Le lendemain il l'avait écouté et on a par la suite enregistré « Le Mirroir ».

 

Et enfin la collaboration avec Mathias Malzieux (leader du groupe Dionysos) était incontournable ?

 

Je voulais absolument qu'il soit sur mon album parce que ça me faisait plaisir de faire chanter mon grand copain sur mon disque et il a vachement suivit le développement de l'album, le processus de création, il demandait souvent des nouvelles, voulait écouter les maquettes etc... Donc cela me semblait évident qu'il ai aussi sa chanson.

 

Sans oublier certaines musiques composées par Andy Maistre ?

 

Alors comme c'était mon amoureux il était tout le temps là et il avait aussi des chansons que moi je trouvais géniales dont il faisait rien c'est comme ça du coup qu'il m'a donné la musique de « Piano Monstre ». Cela a été dans la continuité des autres collaborations, formidables que j'ai pu faire. Ce disque est en fait le symbole du partage et du travail en groupe !

 

Ce partage continue dans la tournée ?

 

Oui, je connais certains musiciens que depuis 6 mois et pourtant ce sentiment de groupe est déjà là, on est déjà très soudés et finalement ça me fait pas concevoir du tout mon disque comme un projet solo encore plus sur la route avec mon groupe. J'ai l'impression que c'est vraiment l'esprit qui anime ce nouveau projet.

 

Est-ce que le public est toujours aussi enthousiaste à l'idée de vous accompagner ?

 

Le public est plus enthousiaste que sur le premier ! Et même moi, pour le premier disque sur la scène j'ai changé trois fois de formation parce que je n'arrivais pas à trouver celle qui me convenait parfaitement alors que là, mes musiciens je les adores, je trouve qu'ils jouent super bien et que c'est un bonheur d'être avec eux ! Forcément les gens le ressentent parce qu'en concert ils ne voient pas seulement la chanteuse, tout le monde est très joli à regarder ! Et j'ai ressenti vraiment que les gens aimaient la nouvelle formation et on me l'a même dit...

 

Propos recueillis par Hadrien Volle

 

Le disque de Babet, Piano Monstre est édité chez Polydor et est vendu au prix de 15€. L'album est aussi disponible en écoute gratuite sur Deezer.

Publié dans Interview

Commenter cet article